Coin de lecture
L'objet de ce blogue est de recueillir, de la part des lecteurs et lectrices, des coups de coeur à propos de ce roman, de ce que vous avez bien aimé ou moins aimé, de vos avis, suggestions, critiques....
"L'odyssée des lamantins est une autofiction. Par contre, il a ceci de particulier qu'il s'agit d'une projection dans le futur. Il s'agit d'un rêve, en fait.
Le fruit de l'imagination du jeune étudiant que j'étais, à Diourbel, au Sénégal. J'avais 18 ans quand j'en griffonnais l'essentiel sur un cahier de 96 pages.
C'est le rêve d'un étudiant qui croyait à l'éducation, et à école, qui était convaincu qu'en travaillant dur, le futur s'ouvrait à lui, que tout était possible.
En jetant, maintenant, un regard sur ce trajet, la réussite académique s'est réalisée; le passage à l'Extérieur, France puis Canada, a bien eu lieu.
Par contre, cette escale, ce détour, a déjà duré 20 ans bien révolus. Et la question du futur, du retour aux sources est encore bien présente, et toujours un mystère".
Résumé
Lors d’un court séjour au Sénégal, Afrique de
l’Ouest, un jeune universitaire, au futur prometteur, fait la rencontre
fortuite d’une fille peu scolarisée aux conditions modestes. Il se crée entre
eux une connexion soudaine et spontanée. Dans la précipitation des proches pour
concrétiser cette relation improbable, le protocole social brise le charme de
l’expérience. Le jeune homme retourne en Occident oublier son choc.
La fille, de son côté aussi, essaie tant bien que mal de se
remettre de sa déception. Ils se retrouvent, par hasard, deux ans plus tard,
alors que le jeune homme amorce son retour définitif dans son pays natal. Les
enjeux personnels et professionnels sont de plus en plus réels, pour lui. Mais
il fait maintenant face à un dilemme : un amour instinctif avec une fille aux
valeurs traditionnelles, et une relation de raison, socialement bien vue, avec
une partenaire de haute hiérarchie sociale.
Le public visé est un public international et plus
spécifiquement les Africains, dans le continent et la diaspora.
Le livre pose la problématique de la valeur identitaire et des aspirations des individus. Il invite à une réflexion sur les racines sociales et l’évolution individuelle, ainsi qu’une meilleure compréhension des réalités de l’Afrique.
Portrait de l'auteur
Malé Fofana est né au Sénégal, Afrique de l’Ouest. Il a fait ses études universitaires en France et au Canada. Titulaire d’un doctorat, il enseigne en linguistique, analyse du discours, communication, didactique des langues à l’Université de Sherbrooke et à Bishop’s University, au Québec.
Sa langue maternelle est le wolof, il enseigne en français et en anglais. Par ailleurs, il a des connaissances fonctionnelles en portugais, espagnol et arabe classique. Il a mis en place un cabinet conseil en linguistique et communication ComUnicLang -Bataaxel
Malé Fofana pose aussi le regard particulier de l’artiste peintre sur les dynamiques de la communication. Son intérêt pour l’art s’est révélé depuis le plus jeune âge.
Les premières lignes
Un petit quartier bien tranquille
L’hivernage battait son plein. Le retour des précipitations s’est fait avec une vitesse étonnante. Dans la ville de Diourbel, petite région au centre du Sénégal, le carillon des gouttes de pluie sur le zinc était la note qui avait manqué à la grande symphonie de la nature.
Dans la campagne, le bruit mat qu’elles produisaient quand elles s’imprimaient avec force sur le sol n’avait jamais autant résonné dans le cœur et les oreilles des cultivateurs. Les enfants prenaient part avec joie à cette grande partition de la nature. Ils ne manquaient jamais de danser et d’exécuter des figures endiablées, sous la pluie et les éclairs, pour accueillir le liquide salvateur.
Ces jours de pluie, leurs parents, tranquillement assis sur leur véranda, observaient avec ferveur le rideau d’eau se former ainsi que les gouttelettes qui ruisselaient des toits de zinc et éclaboussaient leurs pieds. Leur passion pouvait se lire sur leurs yeux brillants de gratitude et de félicité. Ainsi, après un mois de retard, les pluies étaient donc les bienvenues.
Les paysages n’étaient certes pas aussi verdoyants qu’à la belle époque, mais les herbes atteignaient facilement la taille d’un homme et ce qui restait d’arbres se coiffait de toutes les feuilles de leur vie. De splendides tableaux dans lesquels, cependant, on n’oserait jamais entrer, ralentissaient le pas du promeneur. C’est un spectacle d’une valeur inestimable. Il offrait toutes les gammes du vert sous un ciel qui allie avec une harmonie envoûtante, couleurs chaudes et froides, du jaune pur au bleu abyssal.
[…]
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C’est avec plaisir que je me suis replongé dans la lecture de ce roman près de 20 ans après avoir eu le privilège d’en lire le manuscrit.
RépondreSupprimerLa rencontre de Abdou et Hawa aussi fortuite qu’intense et l’histoire d’amour qui en découle semblent avoir été un prétexte pour exposer les "contradictions" d’une société sénégalaise en pleine mutation.
Les éternelles oppositions entre l’univers des lettrés et des analphabètes, entre le monde rural et urbain, entre modernité et tradition sont passées au peigne fin pour pousser le lecteur à porter un regard plus profond et nuancé sur ces questions.
Merci Dalla Malé pour ce voyage et ces moments de réflexion.
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimerJe trouve le texte très bien écrit et facile à lire tout en utilisant un vocabulaire riche.
RépondreSupprimerLe lecteur est plongé dans l'univers où évoluent Hawa et Abdou. L'auteur arrive à faire ressentir les bruits et même parfois les odeurs (de pluie, d'encens,...). On découvre graduellement les caractères des personnages et on y trouve parfois l'explication de beaucoup de codes de la société sénégalaise et même ouest africaine telles que: pourquoi les filles gardent leurs boucles d'oreilles d'enfance, pourquoi le frère du défunt épouse la veuve, etc.
On peut également y percevoir un certain engagement de l'auteur pour la défense de l'environnement, contre des phénomènes comme la dépigmentation et la promotion des vertus de la femme africaine.
Je pense que c'est un livre à faire lire aux jeunes entre autres.
Enfin une suggestion que j'aurais est d'en faire un court métrage :-)
La lecture de « L’Odyssée des lamantins » de Dalla Malé Fofana, m’a replongée dans l’univers fascinant de la littérature négro-africaine des années 70, 80 et 90. Ce séduisant univers où la culture africaine cherche tant bien que mal à résister à celle occidentale. Et de cette rude bataille entre Domination occidentale et de Résistance africaine, nait une culture hybride donnant un accès privilégié au film d’une transformation sociétale où Raison et Émotion, Croyance et Expérience, Nature et Culture se reconstruisent à travers une forme de résignation africaine sans renoncement.
RépondreSupprimerDès les premiers pages, le roman plonge le lecteur dans la réalité socioéconomique des régions de l’intérieur du Sénégal, loin de la ville et des transformations modernes, avec des agriculteurs affectueusement appelés Cultivateurs qui se battent pour améliorer leurs conditions de vie avec le peu de moyens qu’ils disposent. C’est ainsi que l’aspect économique, géographique culturel et religieux de l’utilisation de la terre se manifeste au regard du lecteur et met encore l’exergue sur la perspective d’une résignation sans renoncement.
Le roman présente également les racines vraisemblablement éthérées mais combien tenaces et profondes des dynamiques relationnelles d’une société en pleine transformation où l’anxiété légendaire des Mères (mère biologique, tantes, voisines et toute femme pouvant jouer le rôle de mère); la gêne sociétale, pour ne pas dire naturelle, de manifester ses émotions et ses sentiments; la curiosité bienveillante, pour ne pas dire indiscrétion font et défont les relations sociales. Mais également et surtout la relation Père-Fille, pas toujours visible ou palpable socialement, mais qui crée, construit et déconstruit, détermine et dessine les contours d’une future relation conjugale chez la petite fille.
Le roman présente également la dynamique entre les couples où passion, fougue, amour, parfois haine, méfiance, doute, crainte et image sociale s’entrechoquent pour donner naissance à de multiples visages de l’union conjugale entre femmes et hommes. Les couples Hamady et Khady, Abdou et Hawa mais aussi Abdou et Sally et encore Awa et son mari absent durant tout le roman, permettent à l’auteur de déployer plusieurs situations de relation hommes-femmes où attentes non-exprimées se transforment facilement et insidieusement en ententes informelles. Des ententes non formalisées qui, de façon sournoise, rythment les dynamiques de couples. Parfois de façon dramatique comme fut le cas pour Abdou et Sally et parfois de façon romantique, comme fut le cas pour Abdou et Hawa. Toutefois, un romantisme teinté de pudeur, où l’intensité des émotions contraste de façon maladive et à la limite frustrant, avec leur non-expression. Et qui disait que L'émotion est nègre et la raison hellène?
« L’odyssée des lamantins » me semble un récit qui, comme son nom l’indique, permet un retour aux sources pour nous africains et particulièrement sénégalais, mais aussi un voyage captivant pour d’autres cultures.
Malé,
RépondreSupprimerLors de ton séjour à Nancy lorsque nous avons eu la joie et l'honneur de faire ta connaissance;
on sentait déjà en toi ce besoin de te réaliser à travers l'écriture et l'art ( pour preuve de magnifiques croquis représentant pour la plupart les portraits de mes enfants qui ornent les murs des heureux destinataires !)
Tu mûrissais déjà ce projet d'écrire ce roman mais ta discrétion et ton humilité ne nous ont pas permis d'en savoir plus. Tu le gardais secret sans doute pour nous en réserver quelques années plus tard la bonne surprise.
Ton rêve d'étudiant qui croyait à l'éducation et à l'école a fini par se réaliser à force de courage et de persévérance, convaincu qu'en travaillant dur tout était possible.
Et de fait ça l'a été. Tu en es la preuve vivante.
Je suis d'autant plus touchée par ce récit très détaillé qui m'a permis de connaître plus en profondeur les coutumes et les us du Sénégal, pays d'adoption ayant une fille marié à un Sénégalais.
L'intrigue naissante entre Abdou et Hawa est litéralement captivante ; le suspens est maintenu, on a envie d'en savoir plus et je suis heureuse qu'il y ait un happy end qu'on attendait vivement, au grand dam de Sally qui se croyait être l'heureuse élue.
Abdou a fait preuve d'un grand courage en ne choisissant pas la facilité mais écoutant parler son coeur. C'est tout à son honneur !
Très beau récit, intéressant, émouvant et captivant qui mérite toutes mes félicitations.
Marie-Caroline
«L'Odyssée des lamantins» est un roman captivant et facile à lire. Comme le titre l'indique, ce livre est à la fois un retour aux sources et une ouverture sur la modernité. Rien d'étonnant. N'est-ce pas le lamantin a beau se déplacer, il revient inlassablement boire à la source. Ces va-et-vient du Lamantin lui permettent de poser (Chaque fois) un regard nouveau sur ses racines et d'établir des comparaisons. L'auteur, en abordant plusieurs thèmes, fait revisiter aux lecteurs certaines facettes de la culture africaine.
RépondreSupprimerTout part de ce quartier bien tranquille qui sert de prétexte pour dévoiler un pan de la région de Diourbel avec ses seyannes, son paysage et les principales activités de ses habitants très attachés à l'agriculture. La rencontre inopinée entre Abdou et Hawa (marchant sur le bord de la route) est le point de départ d'une idylle. En passant, au vu de la présentation de l'auteur, on ne peut s’empêcher de penser qu'il y a une dose de Malé dans Abdou (et vice-versa) tellement leurs parcours sont similaires (origine malienne, élève exemplaire qui s’est orienté vers les lettres plutôt que les maths, séjour canadien…)
L'auteur a su avec finesse exploiter une histoire d'amour (trame de fond) pour décrire les réalités de la société sénégalaise. Pour un Sénégalais comme moi, chaque passage rappelle un moment déjà vu ou vécu. Les méthodes de drague classiques (Parfois maladroits) des garçons, la timidité des filles préférant dissimuler leur sentiment par pudeur et l’implication quasi spontanée des femmes ( Mère, tante..) dans les relations amoureuses y sont étalés. Mais, on comprend vite ce réalisme puisque dès la quatrième de couverture, on découvre ce texte est écrit il y a une quinzaine d’années. C’est donc celui d'un jeune auteur avec toute sa franchise et sa naïveté.
On ne peut pas faire l'économie de magnifier la belle victoire de L'amour dans ce roman. Malgré les pressions, Abdou a fini par faire le bon choix, celui de son cœur. Oui le mariage de raison n'a pas eu lieu.
Félicitations pour ce beau travail
BBa